Analyse d'une guerre

  • Posted on: 27 February 2016
  • By: haudue
Comment expliquer plus tard à mes petits-enfants la guerre du Viêt Nam que nous avons perdue et ce qui nous a poussé à demander l’asile en France ? Ils auront peut être déjà vu "Vietnam a Television History", histoire déformée de cette guerre inspirée du livre de Stanley Karnov ou la série télévisée d'Antenne 2 sur le Viêt Nam de Henri de Turenne, ou auront eu une vision déformée par des écrits de la gauche partisane tels que ceux de David Halberstam, Neil Sheehan, Tiziano Terzani, ou de communistes comme Wilfred Burchett mais espérons le ils auront consulté d'autres ouvrages comme ceux de Stephen B.Young, Pierre Darcourt, Douglas Pike.... et ceux du Vietnam Center de Lubbock au Texas.
 
Les canons se sont tus depuis plus de 35 ans mais la guerre du Viêt Nam continue de hanter la mémoire des Vietnamiens de ma génération : pourquoi les Etats-Unis si puissants dans les années 60 ont-ils perdu cette guerre ? Pour comprendre ce sujet complexe, il faut se reporter au contexte de l’époque et consulter les Mémoires des hommes politiques ainsi que certaines archives secrètes américaines dévoilées récemment : malgré plus de dix ans de combat qui ont coûté la vie à 58 000 soldats américains et un tonnage de bombardement deux fois plus élevé que celui de la deuxième guerre mondiale, le Congrès américain n'a jamais fait de déclaration de guerre ! Quand le Nord Viêt Nam a été ouvert au tourisme dans les années 1990, j’ai vu à Hà Nội et dans ses environs des maisons intactes remontant à la période coloniale française : mais où étaient donc lâchées les bombes que nous avons vues à la télévision ? Quand on pense que Dresde et Hambourg ont été rasés en deux nuits en 1945, on se pose des questions... La position du Sud Viêt Nam vis-à-vis du Nord communiste dans cette guerre était celle d'un combat de boxe où un adversaire a un bras lié derrière le dos : il était défendu de livrer des batailles au dessus du 17è parallèle, mais les communistes du Nord pouvaient infiltrer et même envahir le Sud. 
 
De nombreux livres et articles ont été écrits sur cette première guerre largement médiatisée et avec une place importante donnée aux images télévisées; après 30 ans les secrets du Pentagone et de la C.I.A. ont été dévoilés, nous livrant des vérités navrantes qui confirment les révélations de William Conrad Gibbons dans son livre "The U.S. Government and the Vietnam War" publié en 1989.
 
Non, le Sud Viêt Nam n'était pas perdu à la suite de la démission du Président Richard Nixon après le scandale de Watergate le 8 août 1974 bien qu'il ait promis par écrit au Président du Sud Viêt Nam de le secourir en cas de violations des accords par le Nord.
 
Non, le Sud Viêt Nam n'était pas perdu après les violations des Accords de Paris du 17 janvier 1973, mais il était déjà condamné depuis la Conférence de Genève sur la neutralité du Laos en Juillet 1962 et même avant cela depuis les Accords de Genève sur la guerre d'Indochine signés le 20 juillet 1954 après la bataille de Điện Biên Phủ …. Il aurait fallu régler en même temps le problème du Laos qui aurait dû être divisé en deux comme le Viêt Nam, malgré les réticences de la France et de la Grande Bretagne et même sans revendication du Pathet Lao communiste*.
 
Or il n'avait été question que de la guerre au Viêt Nam, le Premier Ministre français Pierre Mendès-France n'avait eu que trente jours pour régler le conflit indochinois, faute de quoi son gouvernement devrait démissionner. Cet "oubli" du Laos était-il voulu par les puissances étrangères ? Il semblerait que non, ce n'était qu'une maladresse des politiciens et peut être des stratèges militaires de cette époque. Quand on pense que Điện Biên Phủ est à 8 kilomètres de la frontière du Viêt Nam et du Nord Laos, que ce pays dont la superficie est la moitié de la France a 1000 km de frontière commune avec le Viêt Nam et 200 km avec la Chine, régler seulement le problème de la guerre d'Indochine par la division du Viêt Nam au 17è parallèle sans traiter le problème du Laos laisse songeur. Les communistes laotiens occupaient déjà en 1954 deux provinces septentrionales du Laos et les ravitaillements chinois y transitaient depuis 1950 durant la guerre d'Indochine….
 
Rappelons qu'en 1956 devant le refus du Président Ngô Đình Diệm et des Etats-Unis d'organiser des élections selon les Accords de Genève (qu'ils n'avaient d'ailleurs pas signés), les communistes nord-vietnamiens avaient décidé de continuer la lutte armée au Sud Viêt Nam en contournant la ligne de démarcation du 17è parallèle par le Laos. Cette décision a été concrétisée par la "15è Résolution" du Parti Communiste Vietnamien en janvier 1959 qui avait décidé de construire une route complexe dans la jungle laotienne pour emmener hommes et munitions vers le sud. Que faisait donc la C.I.A. d'Allan Dulles à cette époque ? Elle connaissait certainement ces faits mais n'aurait pas fourni assez d'éléments pour que le Département d'Etat puisse les analyser, ou bien les diplomates américains des années 1958-1960 tels que John Foster Dulles ont-ils sous-estimé Hồ Chí Minh qui avait ouvert "un autre front" au Sud Viêt Nam.
 
C'est ainsi qu'a été créé en décembre 1960 le "Front National de Libération du Sud Viêt Nam", un paravent reconnu et avoué par la suite par Hà Nội, regroupant l'opposition au régime pro-américain, les communistes du sud (Viêt Cộng), des intellectuels de gauche formés en France dont certains étaient même membres du Parti Communiste Français, et les combattants infiltrés du Nord de plus en plus nombreux. Ces intellectuels assez idéalistes pour croire aux promesses du PCV (Parti Communiste Vietnamien) seront d'ailleurs écartés du pouvoir dès la fin de la guerre. L'histoire a mentionné que lors de la passation des pouvoirs présidentiels à la Maison Blanche entre le Président sortant et John Fitzgerald Kennedy en janvier 1961, Dwight Eisenhower a parlé pendant plus d'une heure du Laos et une minute à peine du Viêt Nam, bien que le Front de Libération du Sud Viêt Nam fût déjà créé. Si le Laos avait été divisé en deux comme le Viêt Nam, une ligne unique de démarcation divisant ces deux pays aurait permis de mieux contrôler l'infiltration communiste. On pourrait même porter la guerre au Laos au lieu de se retirer au Viêt Nam pour essayer de le défendre derrière une longue frontière passoire comme Kennedy l'avait voulu.
 
Kennedy avait été élu en novembre 1960 avec un des scores les plus serrés de l'histoire américaine : 49,5% contre Nixon à 49,4%, d’ailleurs durant la campagne électorale celui-ci avait attaqué Kennedy pour son manque de fermeté face au communisme. Si le Vice-président Nixon l'avait remporté en 1960 il aurait suivi la politique du Président Eisenhower et porté les hostilités au Laos et il n'y aurait peut être pas eu de guerre du Viêt Nam et toutes les conséquences tragiques qui en découlent. Mais on ne refait pas l'histoire avec des "SI" ou des "MAIS", le mieux est d'essayer d'analyser la situation de l'époque.
 
 
 
Les Etats-Unis ont commis une grave erreur stratégique en 1954 en croyant pouvoir régler le problème du Laos ultérieurement mais c’était plutôt le Laos qui allait bientôt régler le sort du Viêt Nam. A la Conférence de Genève de 1962 sur le Laos, la diplomatie américaine a été confiée au démocrate William Averell Harriman, Assistant du Ministre des Affaires Etrangères chargé des questions de l'Asie du Sud-est. Il connaissait assez bien le communisme mais faisait de plus en plus de concessions à ces derniers, très probablement sous la pression de sénateurs juifs qui n'avaient jamais voulu un engagement fort des Etats Unis en Asie au détriment de l'aide à Israël. C’est peut être sur l’ordre de Kennedy que Harriman ignorait totalement la proposition du Maréchal Chen Yi, représentant de la Chine qui aurait proposé la partition du Laos car Pékin n'avait jamais voulu d'un Viêt Nam voisin trop puissant. L'opinion publique a surestimé les valeurs du Président John Fitzgerald Kennedy qui n'a été au pouvoir que pendant trois ans : la levée des secrets a révélé que c’était un personnage indécis, entouré de conseillers certes diplômés ("The whiz kids", les jeunes génies) mais ignorant totalement les problèmes de l’Asie du Sud-est, de plus Kennedy et son équipe n'ont pas écouté les conseils Eisenhower
 
En 1956, après avoir aidé le Président Ngô Đình Diệm à relever le Sud Viêt Nam, les Etats-Unis auraient dû faire de même au Laos pour aider davantage les laotiens pro-occidentaux du Prince Boun Oum et Phoui Sananikone à lutter contre les communistes laotiens sous la direction du Prince Souphanouvong et attirer davantage vers la droite les neutralistes à tendance communiste du Prince Souvanna Phouma. Quand le gouvernement nationaliste de Phoui Sananikone a été renversé en août 1960 par le capitaine Khong Le, de tendance neutraliste, pour installer Souvanna Phouma, son gouvernement a été reconnu tout de suite par Moscou et Hà Nôi. Le général Phoumi Nosavan de l'armée royale, appuyé par les Américains, libéra Vientiane obligeant Souvana Phouma à se retrancher au Cambodge et Khong Le à se retirer vers les troupes communistes du Pathet Lao ; celles ci opposèrent une résistance farouche aux soldats du général Phoumi Nosavan car elles étaient ravitaillées par les Russes et les Nord-vietnamiens. Telle était la situation quand Kennedy arriva au pouvoir en janvier 1961.
 
Or pour envahir le Sud Viêt Nam, les communistes ne pouvaient le faire que par le Laos car, déferler au-dessous du 17è parallèle qui séparait les deux Viêt Nam comme ils l'ont fait en Corée, aurait pu déclencher les foudres des nations occidentales et une nouvelle guerre. Le Parti Communiste Vietnamien, qui rappelons le s’appelait auparavant Parti Communiste Indochinois car Hồ Chí Minh, membre de la Troisième Internationale Communiste, qui avait toujours eu ce rêve d’expansion du communisme sur toute l’Indochine, avait vu cette faille et, dès 1956, avait élaboré une stratégie pour envahir le Sud Viêt Nam. Il lui fallait à tout prix contrôler le Laos et attirer progressivement le Cambodge dans son camp, cela la Chine devenue communiste depuis 1949 s'en chargerait car il lui avait toujours manqué une ouverture vers les mers du Sud. L’histoire démontrera les ambitions chinoises sur les îles Paracels et Spratlys, situées sous le 17è parallèle et appartenant au Sud Viêt Nam. Hồ Chí Minh et le Premier Ministre Phạm Văn Đồng du Nord Viêt Nam l'avaient compris et en 1958 avaient secrètement mais officiellement concédé ces îles à la Chine pour avoir son soutien matériel dans la lutte qui allait suivre.
 
La première grande faute de Kennedy était de n'avoir pas défini nettement au début de son mandat la politique des Etats-Unis en Asie du Sud-est. Par la suite Johnson a suivi cette politique, se contentant d'escalader la guerre mais sans réelle intention de la gagner. Les Etats Unis à cette époque croyaient à la "théorie des Dominos", estimant que la perte d'un état du sud-est asiatique entrainerait la chute d'autres pays, ce que l'histoire par la suite a démontré être une conception erronée. L'autre concept américain était de considérer la Chine communiste comme son seul adversaire, car après la guerre de Corée les Américains étaient convaincus que la Chine interviendrait s'ils attaquaient le Nord Viêt Nam, et qu’ils ne devaient pas essayer de renverser le régime communiste d'un pays limitrophe de la Chine ni mener des opérations militaires près de la frontière chinoise. Cette vision des choses allait dicter plus tard la politique des Présidents Johnson et Nixon qui n'osaient pas envisager des opérations militaires terrestres en dehors du Sud Viêt Nam.
 
La deuxième faute de Kennedy fut d'avoir proposé en 1962 la neutralité du Laos considérant que ce pays ne se prêtait pas à des combats aéronavals tels que les américains les concevaient et croyant que les communistes nord vietnamiens respecteraient plus ou moins cette neutralité en n’envahissant pas massivement le Sud Viêt Nam. Même le Général Maxwell Taylor, le conseiller militaire le plus écouté de Kennedy, avait commis la même erreur de jugement que ses prédécesseurs français en "excluant la possibilité de fortes ripostes du Nord Viêtnam, qu'il ne faut pas craindre un afflux massif des troupes communistes et que le nord est extrêmement vulnérable aux bombardements classiques", toutes ces affirmations qui vont guider la politique américaine dans la guerre du Viêt Nam se sont révélées erronées par la suite. En 1962 quand Georges Ball prédisait qu'il faudrait envoyer un jour ou l'autre 300 000 soldats américains au Viêt Nam, Kennedy lui avait dit : "Georges, vous êtes fou, cela ne se produira jamais !", pourtant trois ans après le nombre de soldats américains au Viêt Nam atteignait un demi-million...
 
Devant cette crédulité américaine sur la neutralité du Laos, Hanoi s'est hâté d'agrandir "la piste Hồ Chí Minh" par le Groupe 559 du génie militaire qui permettra après les Accords de Paris en janvier 1973, d'acheminer des chars T54 soviétiques et un pipe-line jusqu'à 60 km de Saigon en passant par le Laos et le Cambodge ! Rappelons que cette fameuse "piste", composée de multiples déviations était située à plus de 70% sur le territoire laotien et qu'elle était parfois assez large pour laisser se croiser des tanks et des camions Molotova en 1974 selon les photos prises par satellite. En 1971 il y avait constamment 2500 à 3000 camions dans la partie laotienne de cette "piste" et chaque nuit des convois de 500 à 1000 camions circulaient, transportant vivres et munitions vers le sud. Hà Nội a reconnu une perte de 35 000 camions durant les bombardements, les sources américaines citaient 46 000 camions. Déjà en 1967 durant une trêve américaine de bombardement sur cette voie d'infiltration lors d’une tentative de négociation par l'intermédiaire du Premier Ministre russe Alexeï Kossygine en visite à Londres, Hà Nôi avait tellement intensifié son invasion vers le 17è parallèle qu'un pilote d'avion d'observation l'avait comparée au "New Jersey Turnpike" lors d'un retour de weekend !
 
Mais comment la diplomatie américaine était-elle stupide au point de vouloir proposer une neutralité du Laos en 1962 ? Pourtant de 1956 à 1959 la C.I.A. et les Forces Spéciales américaines étaient au Laos et les renseignements ne manquaient pas pour alerter la Maison Blanche. En 1960 lors des derniers mois du gouvernement Eisenhower les troubles s’étaient intensifiés et le Président américain avait même précisé que celui qui tiendrait le Laos tiendrait le Sud Est Asiatique et qu'il fallait garder à tout prix le Laos, ce qui n’a jamais été écouté par l’équipe de Kennedy.
 
Alexis Johnson, Sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères avait aussi mis en garde Kennedy en juillet 1961 que le "Laos était la clé du Viêt Nam" après l'échec contre le Pathet Lao à Tchépone, ville stratégique de la partie laotienne de la piste d’infiltration sous le 17e parallèle. Les régions de Tchépone et de Paksé, c'est-à-dire les provinces les plus au sud du Laos comme Salavan et Champasak, auraient dû être contrôlées mais l'envoi des forces américaines au Laos n'avait toujours pas été décidé malgré de multiples réunions à la Maison Blanche. Kennedy penchait plutôt vers les négociations, encouragé par Averell Harriman et surtout par le sénateur Mike Mansfield du Montana, fraichement élu leader de la majorité démocrate au Sénat, qui prêchait une neutralité du Laos.
 
Michael V. Foresstal l’un des principaux conseillers de Kennedy et Head of the Vietnam Coordinating Committee choisi pour son "regard neuf ", avait pourtant averti le Président, avant d’accepter le poste que celui-ci lui proposa au National Security Commission, qu’il ne connaissait strictement rien à l’Asie en général et au Viêt Nam en particulier ! Un autre conseiller, très diplômé, Mc George Bundy, un "faucon" par rapport aux autres "colombes", avait au contraire conseillé l'envoi massif de soldats américains au Laos mais n'avait pas été écouté par le Pentagone. Son collaborateur Walt Whitman Rostow, Directeur de Planification au ministère des Affaires Etrangères, avait ensuite élaboré le plan d'envoi massif des GI's au Viêt Nam, et la proposition avait été approuvée tout de suite par Kennedy en 1962. Toutes ces décisions prises à Washington par des civils étaient parfois contradictoires et même le Pentagone n'osait pas s'engager au Laos.
 
Cette stupidité américaine concernant le Laos mérite que l'on s'arrête plus longtemps sur cette fameuse conférence de Genève de 1962, passée presque inaperçue aux yeux du grand public mais qui est la cause de tous les maux à venir pour le Sud Viêt Nam. La diplomatie américaine a été confiée à Averell Harriman qui avait élaboré tout le plan sur la neutralité du Laos, son équipe avait conseillé de faire une guerre selon les "normes américaines" au Sud Viêt Nam plutôt qu'au Laos car les troupes américaines n'avaient pas l'habitude de combattre sur un tel terrain, ce qui est vrai car à cette époque on ne parlait que de missiles atomiques et non de guerre conventionnelle comme en 1942. Le Laos était trop loin, très peu de gens savaient où il était situé, que dire de sa position géostratégique, bref personne en 1962 ne s'intéressait à ce pays, sauf le bloc communiste ! D'ailleurs aucun pays de la conférence de Genève de 1962 n'avait l'intention de respecter cette neutralité une fois les troupes américaines retirées, et effectivement les troubles reprenaient en janvier de l'année suivante poussés par Hà Nôi qui avait hâte de se servir du Laos pour acheminer les armes vers le Sud Viêt Nam. Ce plan de neutralité du Laos par le gouvernement Kennedy avait cependant déclenché un lever de boucliers au Pentagone : un "Laos neutre, souverain et indépendant" ne sont que des mots car ce pays de moins de cinq millions d’habitants n'avait pas les moyens de défendre ses frontières contre les nord-vietnamiens et le Pathet Lao communiste ; ainsi le Bas Laos, surtout les provinces de Champasak, Salavan et Attapeu, allait devenir un camp retranché pour les forces communistes avant leur infiltration au Sud Viêt Nam. Les documents sur cette conférence ont montré une naïveté américaine déconcertante, les instructions de Kennedy montraient que c'était un président hésitant, même faible disait sa femme Jacqueline à Daniel Ellsberg (le futur déclencheur des "Pentagon Papers" du New York Times en 1971). Il demandait souvent à ses subordonnés ce qu'ils feraient à sa place : ces hésitations de Kennedy causèrent par la suite la mort de 58 000 soldats américains, la perte du Sud Viêt Nam et le malheur de millions de Sud Vietnamiens abandonnant pays et famille pour fuir le régime communiste.
 
La troisième faute de Kennedy fut d'approuver Roger Hilsman, Mike Mansfield (qui avait soutenu le Président Ngô Đình Diệm en 1954), ainsi que Averell Hariman dans l'élaboration du coup d'état du 01 novembre 1963 pour renverser le gouvernement de Saigon du Président Ngô Đình Diệm; il n'avait pas non plus formellement interdit aux généraux sud-vietnamiens putschistes de l’assassiner, semant l'anarchie au Sud Viêt Nam après sa mort. Les bandes enregistrées à la Maison Blanche et les archives ont révélé que c'était sur l'ordre du Général Dương Văn Minh et l'accord tacite des américains que le président et son frère ont été abattus dans un véhicule blindé M113, bien que l'Ambassadeur des Etats Unis Henry Cabot Lodge eût promis auparavant la vie sauve à Ngô Đình Diệm s'il quittait le pays. Les Français et l'ancien Empereur Bảo Đại avaient installé Ngô Đình Diệm comme Premier Ministre au Sud Viêt Nam en 1954 et les Etats Unis ont tout de suite soutenu son gouvernement. Il avait été reçu par Eisenhower à Washington en tant que Chef d'Etat en 1957, Lyndon Baines Johnson alors Vice Président, l'avait même surnommé "le Churchill de l'Asie" et le fait d'autoriser un coup d'état fatal 8 ans plus tard faisait perdre toute crédibilité aux Etats-Unis dans le monde entier.
 
La cause réelle du renversement de Ngô Đình Diệm était son opposition à l'entrée massive de soldats américains sur le sol vietnamien en 1962, ce qui est contraire à la politique étrangère américaine qui veut tout contrôler là où les Etats Unis fournissent une aide économique. Le problème de l'oppression contre les bouddhistes par Saigon en 1963 était vrai mais exagéré par la presse qui était poussée par la C.I.A., et servait de prétexte pour stimuler les médias. Par la suite, la présence de l'armée américaine au Viêt Nam devenait du pain béni pour la propagande communiste d'une "guerre de libération" du sud contre un nouvel envahisseur étranger. Le Cambodge était sous l’autorité du prince Norodom Sihanouk, qui se disait neutre mais en réalité laissait les partisans viêt cộng, venant de la frontière laotienne du Champasak, se servir de son territoire pour s'infiltrer au Sud Viêt Nam et installer leur Centre de Commandement ("Noyau R") ; le port de Sihanouk Ville (actuellement Kompong Som) recevait les armes chinoises par voie maritime avant d'être acheminées vers le territoire vietnamien.
 
Ainsi donc les Nord-Vietnamiens pouvaient infiltrer impunément le Sud Viêt Nam en passant par le Laos et le Cambodge, leur nombre atteignait presque un million de soldats, malgré cela il y avait des gens en occident qui croyaient naïvement que c'était le peuple du sud qui s'était "révolté" et qu'il n'y avait pas de soldats nordistes !
 
Kennedy a été assassiné 3 semaines après le coup d'état renversant Diệm, et Lyndon Baines Johnson le nouveau Président a laissé aux bureaucrates de la Maison Blanche, comme William Bundy et Robert Mac Namara, interrompre le plan des "Hameaux Stratégiques" qui isolaient les Viêt Công de la population. Mac Namara était un ancien Directeur de Ford devenu Ministre de la Défense, gérant la guerre avec des chiffres comme un manager et ignorait totalement les problèmes militaires comme il l’a avoué dans ses mémoires. L'arrêt de ce plan a été fait sur l'initiative du général Dương Văn Minh, qui n'était pas une lumière en matière politique ni un stratège militaire : en 1976 les vainqueurs nordistes ont révélé que c'était "un don du ciel" d'avoir interrompu le plan des Hameaux Stratégiques dans les régions populeuses qui les ont rendu vulnérables, tout comme Hồ Chí Minh avait dit après l'assassinat de Diệm au journaliste communiste Wilfred Burchett : "Je ne pensais pas que les Américains étaient stupides à ce point !"
 
En 1964 les Américains ont pris une part de plus en plus active dans la guerre qui nous opposait au bloc communiste. Après les incidents du golfe du Tonkin en août 1964 où des vedettes lance-torpilles nord vietnamiennes auraient provoqué le destroyer U.S.S. Maddox en territoire maritime international dans le golfe du Tonkin, Johnson avait eu le feu vert du Congrès par le "Gulf of Tonkin Resolution" (416 votes POUR contre 0 vote NON) pour contre-attaquer, mais il n'a pas su exploiter, comme après Pearl Harbour, l'union du peuple américain après le 7 décembre 1941. Avec une armée de plus de 23 000 hommes en 1964 et l'armée du Sud Viêt Nam ainsi que l'aéronavale de la 7è flotte du Pacifique, vaincre le Nord Viêt Nam aurait pu être une question de mois. Le général Mac Arthur avait dit en son temps "En guerre, il n'y a pas de solution autre que la victoire" mais Kennedy n'avait pas défini quelle type de victoire et de guerre à mener au Viêt Nam, et Johnson trop faible de caractère, se contenta d'escalader les bombardements du Nord Viêt Nam sans autoriser des opérations terrestres au delà du 17è parallèle car il surestimait la menace chinoise. Le Pentagone croyait faire fléchir le Nord Viêt Nam sous les bombardements, c'était méconnaitre totalement la mentalité communiste asiatique. La C.I.A. n'avait pas fourni de bons renseignements et Dean Rusk, Ministre des Affaires Etrangères, influencé par la marée humaine en Corée, avait mal analysé la situation de l'époque car nous savons maintenant que Mao Tsé Toung en pleine révolution culturelle ne serait jamais intervenu tant que
les attaques ne toucheraient pas le sol chinois. Les Russes sous Khrouchtchev puis sous Brejnev, avaient aussi d'autres soucis en Europe comme le désarmement nucléaire et ne seraient pas non plus intervenus. Il aurait fallu redoubler de diplomatie envers les Russes, rassurer les Chinois et gagner la guerre en quelques mois puis se retirer car Johnson avait le feu vert total du Congrès. Hélas ce président faible a laissé passer cette chance peut être unique de régler rapidement le problème vietnamien.
 
Je n'oublierai jamais l'interview du général israélien Moshe Dayan en juillet 1966 lors de sa visite au Viêt Nam : devant de nombreux journalistes occidentaux, le reporter François Sully de Newsweek lui avait demandé : "Quand croyez-vous que les Américains vont gagner la guerre ? " Celui-ci a répondu simplement : "En 1965", c'est-à-dire l'année précédente ! Il avait même écrit par la suite, peut être sous l'influence des juifs d'Amérique qui craignaient un enlisement des Etats Unis gênant l'aide américaine à Israël, que les Américains ne pourraient pas gagner cette guerre telle qu'elle était menée et devraient retirer leurs troupes hors du Viêt Nam.
 
La presse occidentale a estimé qu'il fallait un million de dollars pour tuer un Viêt công dans cette drôle de guerre où le MACV (Military Assistant Command Viet Nam) à Saigon et dépendant de la 7è flotte à Honolulu, devait recevoir des ordres des civils du Pentagone et de la Maison Blanche pour attaquer un objectif, selon le Général William Westmoreland, Commandant de la MACV, dans son livre "A Soldier Reports". De plus, sa phrase célèbre "Je voulais aller à Tchépone mais je n'ai pas pu avoir les billets" expliquait bien ses difficultés de commandement. De même l'Amiral Ulysses Grant Sharp Jr., Commandant de la 7è flotte du Pacifique, l'a répété dans "Strategy for Defeat" que les cibles de bombardement au Laos et au Nord Viêt Nam étaient définies par les civils de Washington ! George Herring a bien résumé l'état d'âme de Westmoreland dans son livre "LBJ and Vietnam : a differend kind of war" : une guerre limitée avec des objectifs limités, des combats avec des moyens limités dans une guerre définie par des possibilités limitées... "Drôle de guerre" mais meurtrière pour ces jeunes appelés de 20 ans, nés dans l'abondance américaine après la deuxième guerre mondiale et débarquant après trois mois d'entrainement sur la "planète Viêt Nam" pour défendre le monde libre contre le communisme international !
 
Entre temps, le parti communiste vietnamien redoublait son activité de propagande dans les démocraties occidentales visant d'abord la gauche puis un public plus large. C'est ainsi qu'on a vu les gauchistes d'alors manifester naïvement à Paris en 1968 pour le Maoïsme sans savoir que Mao Tsé Toung avait liquidé des millions de personnes sous un régime dictatorial, ou agiter le drapeau du Front de Libération du Sud Viêt Nam, tombant dans le piège de Hanoi qui avait toujours prétendu que c'est le Sud qui s'était révolté et que le Nord était en dehors de cette lutte ! Les intellectuels de gauche occidentaux ont crû à cette affabulation et ensuite au Gouvernement Révolutionnaire Provisoire du Sud Viêt Nam jusqu'à la chute de Saigon où les chars du Nord ont fait leur apparition avec des milliers de soldats nordistes. Même les Viêt Cộng du Sud Viêt Nam ont été trompés par le Parti Communiste Vietnamien car après la réunification du pays en 1976, ceux-ci ont été progressivement mis de côté.
 
Personne ne s'intéressait à la République du Sud Viêt Nam qui, abandonnée de tous et bientôt de son allié américain, continuait vaillamment la lutte pour sa survie. Ce n'était pas une guerre américaine, même pas une guerre entre les deux Viêt Nam mais la guerre entre le bloc communiste soutenu par l'URSS ainsi que leurs satellites et le bloc occidental, soutenu par les Américains. Bientôt lassée de cette lutte d'usure et des mouvements pacifistes qui s'amplifiaient partout aux Etats-Unis à partir de 1968, l'Amérique a décidé de laisser tomber en 1972 son ancien allié par l'intermédiaire d'un personnage mensonger nommé Henry Alfred Kissinger. D'ailleurs dès 1968 les Etats Unis voulaient déjà se retirer du Viêt Nam, la nomination par le Président Johnson d'un autre civil ayant très peu d'expérience militaire nommé Clark McAdam Clifford remplaçant Robert Mc Namara comme Ministre de la Défense, le montrait clairement car Clifford était contre la guerre et personne au Pentagone n'osait le contredire. Pourtant les deux commandants du MACV et de la 7è flotte avaient proposé de barrer les routes d'infiltration en attaquant
le Bas Laos et d'autoriser l'aéronavale à attaquer les cibles stratégiques au Nord Viêt Nam. Les civils de Washington ont ainsi laissé encore passer cette chance, peut être la dernière, de gagner cette guerre en mai 1968 après l'offensive du Têt, où les troupes du Front National de Libération du Sud Viêt Nam ont été éliminées à plus de 50%. Cette offensive générale de 1968 avait été une grande défaite militaire des communistes mais une victoire en politique étrangère.
 
Rappelons que les Etats Unis sous Richard Nixon ont finalement accordé à l'armée de la République du Viêt Nam le droit d'envahir le Cambodge en mai 1970 et le Bas Laos en février 1971 mais c'était trop tard, la "vietnamisation" de la guerre qui avait commencé en 1969 (comme si les sud-vietnamiens ne se sont pas battus avant !) avait réduit l'effectif des troupes et 75% des américains s'étaient déjà retirés : on voulait seulement changer la couleur de la peau des morts. Pourtant il y avait encore des sénateurs naïfs comme James William Fulbright de l’Arkansas qui interrogeait durant l'exposé du Comité des Affaires Etrangères au Sénat en 1971 : "Mais pour quelle raison le nord Viêt Nam voulait-il conquérir le Laos ?"
 
Après le voyage de Nixon à Pékin en 1972, la Chine a promis d'arrêter sa politique expansionniste en Asie et de s'ouvrir au commerce international, le Viêt Nam n'était plus un bastion du monde libre dans la lutte contre le communisme et de ce fait, seule la restitution des prisonniers américains était importante, pour le reste "les Vietnamiens n'ont qu'à se débrouiller entre eux" ! L'histoire a révélé les dessous des Accords de Paris du 27 janvier 1973, et la maladresse des américains quand ils ont arrêté les bombardements intensifs du nord en décembre 1972 pour amener les Nord Vietnamiens à revenir aux pourparlers à Paris, pourtant le Nord aurait été prêt à céder si les bombardements avaient continué encore quelques jours. A Paris, Kissinger courbait l'échine devant Lê Đức Thọ, un des membres les plus puissants du Polit Bureau de Hà Nội et comme il le disait dans ses mémoires, comme un "élève puni devant son maitre", mais menaçait et obligeait le Président du Sud Viêt Nam Nguyễn Văn Thiệu à accepter les conditions de Nixon : les Américains devaient se retirer mais les troupes de Hanoi restaient sur place au Sud Viêt Nam ! Larry Berman a décrit dans son livre "No Peace, no Honor : Nixon, Kissinger, and betrayal in Vietnam" la lâcheté des Américains de cette époque, voulant à tout prix "se retirer dans l'honneur", tout en condamnant le Sud Viêt Nam en réduisant l'aide économique et militaire pendant que le bloc communiste intensifiait au maximum son soutien.
 
Pourtant l'armée du Sud Viêt Nam avait prouvé sa bravoure et avait tenu seule en échec l'offensive générale ennemie en 1972, mais après les accords de Paris l'aide militaire avait été fortement diminuée, un canon ne pouvait tirer que trois obus par jour, les avions ne pouvaient décoller que quelques heures par sortie. Le savait-on en occident avant de critiquer cette armée ? Après ce cessez-le-feu " en peau de léopard ", les Nord Vietnamiens ne redoutaient plus les bombardiers B52 le long de la "piste Hồ Chí Minh" et envahissaient impunément en 1973 le Laos et le Cambodge pour descendre au Sud. Leurs troupes étaient de l’ordre de dix divisions et avec l'aide matérielle soviétique et chinoise, elles avaient commencé leur assaut final après que le Congrès américain avec une majorité démocrate sous une présidence républicaine, eût voté une loi interdisant l'envoi des troupes américaines hors des Etats Unis sans le consentement du Congrès, tout en réduisant au maximum l'aide matérielle à Saigon. Une retraite maladroite et mal étudiée précipita la défaite de l'armée du Sud en deux mois. L'ordre de reddition sans condition fut donné le 30 avril 1975 par le Président Dương Văn Minh fraichement désigné, celui qui fut à la tête du coup d'Etat en 1963, pendant que le 4è corps d'armée du delta du Mékong n'avait pas encore livré une seule bataille.
 
La chute de Saigon restera un tournant dans l'histoire contemporaine, elle a marqué des milliers de Français et d'Américains ainsi que des millions de Vietnamiens dans une guerre de trente ans qui aurait pu être évitée en 1946 car tous les pays colonisés en Asie avaient eu leur indépendance sans guerre. Personne ne croyait plus à l'amitié américaine et comme disait un diplomate, mieux vaut être un ennemi des Etats Unis que son allié. Le communisme s'étendait en Afrique et en Amérique du Sud et n'avait jamais été plus expansionniste, jusqu'à sa chute en 1991. Les Etats Unis ne se sont jamais remis de cette défaite qui va imprégner leur politique intérieure par le "Vietnam Syndrom" et leur politique étrangère comme leurs réticences à s'engager au Nicaragua, au Salvador ou aux Honduras, ou leur retrait hors de Beyrouth, Richard Nixon a bien résumé cet état d'âme dans son livre "No More Vietnams".
En France les intellectuels de gauche ont enfin "ouvert les yeux" devant le drame des boat people : pourquoi ces Vietnamiens fuient-ils leur pays sur des bateaux de fortune au risque de leur vie après la paix et la réunification ? Ce sont des intellectuels, des militaires libérés des camps de rééducation, des sudistes ayant vu le vrai visage du nouveau régime, des fonctionnaires dont les enfants ne peuvent pas accéder à l'université ....
 
L'acteur Yves Montand (ancien membre du Parti Communiste Français) et Bernard Kouchner (ancien Président de l'Association des Etudiants Communistes de France, ancien Ministre des Affaires Etrangères et ancien Ministre de la Santé) affrétèrent le bateau "Ile de Lumière" pour recueillir les réfugiés en mer. Jean Lacouture du journal Le Monde qui avait toujours soutenu Hà Nội et admiré Hồ Chí Minh dans son livre bibliographique, fut le premier journaliste autorisé à voyager librement du nord au sud avec sa femme, et sortit un livre en 1976 plein de points d'interrogation "Vietnam, voyage à travers une victoire". Olivier Todd publia "Cruel Avril" et on ne reconnaissait plus le style des "Canards de Camao" et du Nouvel Observateur des années 70, même la chanteuse Joan Baez s'était repentie. On ne vit plus déambuler à Paris depuis le 1er Mai 1978 les sympathisants gauchistes tenant le drapeau du Front National de Libération, tout simplement parce qu'il n'existait plus ! D'autres comme Jean-Paul Sartre, Roger Pic et Jane Fonda avaient préféré garder le silence... On n'entendit plus les gauchistes vanter la réunification du Viêt Nam mais on chuchotait à propos de l'existence de goulags et des "camps de rééducation" où tous les officiers du Sud Viêt Nam devaient passer en moyenne deux ans ; un ami médecin mobilisé a laissé dix ans de sa jeunesse dans ces goulags, sans compter les humiliations, maltraitances et privations. Des civils comme le Doyen de la Faculté de droit de Saigon, des enseignants, fonctionnaires, cadres ou responsables des entreprises étrangères... devaient tous passer plusieurs mois ou plusieurs années de "rééducation", beaucoup ne reviendront pas....
 
Plus de trente cinq ans ont passé mais cette guerre largement médiatisée par la presse et la télévision, incomprise des occidentaux et déformée par la propagande communiste, reste toujours présente dans la mémoire des Vietnamiens de ma génération. Après leur exode ou leur réunification familiale, beaucoup d'entre eux se sont établis aux Etats Unis. D'autres plus rancuniers envers cet ancien allié qui nous a "trahi et vendu" ont préféré refaire leur vie au Canada, en Australie ou en Europe. Une mince consolation cependant après ces années d'amertume est la récente déclaration de Henry Kissinger le 29-9-2010 lors de la conférence organisée par le Ministère des Affaires Etrangères à Washington (The American Experience in Southeast Asia) pour affirmer à la Chine le retour des Etats Unis en Asie : "La défaite au Viêt Nam en 1975 était due aux Etats Unis et non à la République du Sud Viêt Nam". Actuellement les Vietnamiens exilés de la deuxième génération se sont bien implantés dans leur pays d'accueil, bon nombre d'entre eux se désintéressent de ce pays lointain et parlent du Viêt Nam comme le pays de leurs prochaines vacances : la troisième génération saura tout juste où se trouve ce pays mais j'espère que mes petits enfants ne seront pas indifférents à la vraie histoire de mon pays natal.
 
Dr. TRẦN Ngọc Quang
Ancien Médecin-Capitaine de
l'Armée de la République du Sud Viêt Nam.
Paksé, Province de Champasak, Bas Laos,
Novembre 2010

* L'Indochine Française comprenait le Viêt Nam (Tonkin, Annam et Cochinchine), Le Laos et le Cambodge. Les Accords de Genève de 1954 divisaient au 17è parallèle le Viêt Nam en 2 : le Nord communiste et le Sud ayant une démocratie de type occidental.